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Bienvenue sur le site du SNEC CFE-CGC

Salarié du groupe Carrefour, cadre ou agent de maitrîse principalement, vous voulez tout savoir sur tout, consultez nos rubriques, vous y trouverez des infos sur votre entreprise, vos salaires et vos droits. L’inscription en ligne sur le site est possible. En vous logant vous pourrez consulter tous les textes de référence, les accords d'entreprise et nos actions syndicales dans le groupe. Egalement réagir aux articles, participer aux débats et autres sondages, échanger avec les membres adhérents partout en France.
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Jérôme BIAVA Secrétaire Général


10/05/2012 COMPTE-RENDU REUNION COMITE DE GROUPE DU 10 MAI 2012

ODRE DU JOUR :
Rencontre avec Mrs PLASSAT et PRIOUX, la DRH et la DRS
PARTICIPANTS :
SNEC CFE CGC (Thierry FARAUT et Frédéric BARRAULT)
FO
CFDT
CGT

La réunion débute par un tour de table de présentation. Monsieur PLASSAT se présente à son tour. 63 ans, 15 ans chez CASINO. 2 ans et demi chez PRYCA en Espagne. 12 ans chez ANDRE puis VIVARTE.

« Je veux échanger aujourd’hui avec vous pour vous exprimer les constats que j’ai pu faire depuis mon arrivée. L’environnement de l’entreprise est très chahuté, on assiste à un changement profond des habitudes de consommation. Il y aura une déflation probable. Baisse des volumes + déflation = cocktail explosif. Le développement exponentiel du nombre de M2 de surface commerciale a eu pour effet de cannibaliser les hypermarchés par des surfaces de proximité ou plus spécialisées. »

« Ma vision sur Carrefour : c’est une société que je n’ai pas reconnu…je l’ai trouvée hébétée. Carrefour s’est refermée sur elle-même, avec même un langage interne qui n’appartient qu’à elle-même, avec des mots anglais, voire franglais. »

« Au niveau des méthodes de travail, je ne m’y reconnais plus : on a des contrôleurs de gestion partout, des contrôleurs qui contrôlent d’autres contrôleurs. C’est insensé ! C’est une entreprise qui passe son temps à se contrôler et qui pourtant a perdu le contrôle ! »

« Je vois des gens qui ont souffert. On ne me parle que de souffrance au travail. Il y a un historique compliqué dans cette entreprise, des choses ont été mal vécues au rythme des différentes transformations. »

« Nos magasins ont mal vieilli. On ne peut pas faire du commerce avec certains magasins dans un tel état. Je suis sidéré d’apprendre qu’en produits frais, notamment, nous avons des prévisions de pertes ! »

« Nous avons des problèmes informatiques majeurs qui ont généré des soucis d’approvisionnement considérables. Cela a coûté une fortune à Carrefour. L’image prix s’est dégradée, par toujours à raison d’ailleurs. Il ne se passe pas 1 semaine sans voir un article défavorable à Carrefour dans la presse. La situation financière est préoccupante. L’endettement est important, les banques ne financent plus le développement comme auparavant. De ce fait, notre trésorerie est lourdement sollicitée. »

« Je voudrais revenir un instant sur la fusion avec PROMODES. A première vue, le rapprochement était idéal car complémentaire. CARREFOUR était le leader incontestable sur le format HYPER et avait une forte implantation internationale. PROMODES avait un esprit grossiste, avec des magasins plus petits et était très ouvert sur les partenariats. Pourtant, la fusion a été un assassinat permanent ! Les 2 sociétés ont été hermétiques à l’ouverture vers l’autre. Les dirigeants de l’époque (les familles fondatrices respectives) ont disparu. Suite à la fusion, les coûts de distribution ont doublé en quelques années. »

« Chez Carrefour, je n’entends plus parler de métier !!! Permettez-moi d’être un peu sévère, mais l’équipe dirigeante précédente était incompétente en matière de Grande Distribution. Elle se croyait chez NESTLE avec des méthodes industrielles. Au cours des dernières années il y a eu, certes, des efforts de productivité. Ceux-ci étaient indispensables. En termes de frais généraux, nous avons 2 fois les coûts d’un indépendant comme LECLERC par exemple. »

« Pour y remédier, il nous faudra mettre en place un système de Ressource/Emploi, réaffecter des moyens là où il faut se renforcer. La santé d’un distributeur se voit dans ses magasins. A ce titre, je fais toute confiance à Noël PRIOUX. Nous avons, tous les deux, la même vision « rustique » de l’entreprise. »

« Quant aux actionnaires, ils sont toujours là pour quelque chose. Je n’ai pas de problème avec ça. Je n’ai pas de feuille de route. Ils sont à leur place…et moi à la mienne. »

« Mais encore une fois, et j’y reviens, un des principaux problèmes est que la boite est touchée sur le plan psychologique. Le groupe est malade dans sa tête…mais pas tant que ça en réalité. Par contre, cette fameuse décentralisation que certains regrettent ne doit pas être un prétexte à l’indiscipline. Celle-ci n’est pas de mise. Je ne permettrai pas aux gens de remettre en cause ce qui aura été décidé. »

« Autre point qui m’a sidéré : faire de la publicité à la télévision (pour 450M€) alors qu’on a tant à faire dans nos magasins ne me paraît pas approprié. Il vaut mieux remettre en route les magasins et faire de la publicité après. C’est ce que je disais tout à l’heure, il faut réaffecter les ressources. Je veux des prix garantis et arrêter de faire des promos comme des ânes ! Et je veux que l’on retrouve le plaisir des métiers »

« A propos des restructurations parues dans la presse, je ne sais pas…je ne sais pas d’où parvient cette information. Je suis en période d’observation et je vous rappelle que je ne prendrai mes fonctions qu’en Juin, officiellement. »

« Au sujet de la fameuse « ligne bleue », je suis pour sa disparition. Je ne suis jamais partisan d’annoncer un engagement que nous ne pouvons tenir. Il faut arrêter ça. »

« La structure des sièges est très lourde, pléthorique. 450 contrôleurs de gestion en France !!! Il faut reconstruire un système intermédiaire plutôt que cette verticalité qui a été mise en place depuis quelques années. »
« La carte fidélité n’est pas attractive mais très coûteuse. Nous aurons à avoir une réflexion globale à ce sujet et revoir le système de fonctionnement. »
« A propos de la question du Nouveau Modèle Opérationnel, oui je vous annonce qu’il sera arrêté. »
« En conclusion, j’ai bien écouté vos déclarations, observations et noté vos questions. Même si je sais que je n’ai pas répondu à chaque question car je souhaitais un angle plus conversationnel. J’ai bien noté que vous avez une bonne description de la situation et que votre inquiétude principale c’est l’emploi. Je vous promets que je mettrai tout en œuvre pour redresser le groupe, mais ne nous arrimons pas à des dogmes. Pour moi, l’entreprise est un triptyque : le CLIENT, les SALARIES, les ACTIONNAIRES».

09/05/2012 Les derniers revers de Carrefour en France inquiètent ses 110.000 salariés

En un mois de temps, le groupe a perdu 1,7 point de part de marché en France. Ce plongeon s'explique par son divorce avec le franchisé Coop Atlantique qui, le 1er janvier, a rallié Système U. Il inquiète les 110.000 salariés du groupe en France. D'autant que, fin mai, sera dévoilé un nouveau format d'hypermarché amputé de ses rayons électroménager et téléphonie.
Jeudi 10 mai, Carrefour réunit son comité de groupe. Georges Plassat, son directeur général délégué, accompagné de Noël Prioux, directeur exécutif de Carrefour en France, y rencontrera pour la première fois ses représentants syndicaux. Ce ne sera qu'une réunion de courtoisie. Il n'y aura certainement aucune annonce intéressante. Il n'empêche. La trentaine de représentants syndicaux seront sur les dents. A l'ordre du jour de cette réunion, figure un état des lieux de Carrefour en France. Or, les dernières nouvelles du groupe dans l'hexagone sont très mauvaises. Carrefour a perdu 1,7 point de part de marché en France, en un mois, à mi-avril 2012, selon les derniers chiffres de Kantar Wolrdpanel, révélées par LSA. Ce plongeon est dû en grande partie au changement d'enseigne de magasins franchisés Carrefour exploités par Coop Atlantique. Début janvier, le partenaire de Carrefour dans le Sud-Ouest a rallié Système U.
3 000 à 5 000 emplois supprimés, sans plan social ?
Ce nouveau revers - en 2011, Carrefour avait déjà perdu 0,8 point de part de marché - réduit l'écart entre Carrefour (22%) et Leclerc (18,5% en hausse de 1,1 point). Il devrait alimenter les rumeurs de suppressions d'emplois à venir. En France, Noël Prioux doit poursuivre et accélérer le plan de réduction de coûts. Il y a urgence : le résultat opérationnel de Carrefour France a plongé de 32,4% pour s'établir à 862 millions d'euros, contre 1,2 en 2010, pour un chiffre d'affaire total de 35,1 milliards d'euros (en hausse de 0,8%). Le groupe doit résoudre son problème dans ses 220 hypermarchés. Prés de la moitié seraient dans le rouge.
L'abandon du rayon téléphonie ?
Fin mai, lors d'un comité central d'entreprise, le groupe devrait poser les jalons d'une nouvelle stratégie de relance dans les hypermarchés. Avec prudence. Il devrait notamment vanter les mérites d'un concept testé dans son hypermarché de l'Haye-les-Roses (Val-de-Marne). Si ce concept est adopté, notamment dans ses 39 petits hypermarchés dits de proximité, il devrait se solder par l'abandon des rayons dits EPCS consacrés à l'électroménager, la photo, le cinéma et le son. Mais aussi, celui de la téléphonie mobile. Très bagarré depuis l'arrivée de Free, début 2012, ce marché exige du personnel en magasin pour expliquer téléphone et forfaits à la clientèle.
10.000 emplois perdus en quatre ans…
Dès lors, les syndicats s'inquiètent de l'impact social de ces mesures. Carrefour en salarie aujourd'hui 110.000 en France. Pour éviter d'écorner son image, Carrefour n'aura pas recours à un plan social. Les syndicats préconisent aujourd'hui le recours aux accords de gestion prévisionnelle des emplois et compétences, renouvelés fin 2011. « Ce serait absurde de réduire les effectifs dans les magasins. Il sont déjà tellement mal tenus ! », observe un proche de la direction.
Les sièges sociaux de Carrefour pourraient aussi être concernés. Lars Olofsson, toujours PDG du groupe, a récemment signé une lettre intimant ses directeurs à geler les embauches dans les sièges sociaux du groupe situés à Boulogne-Billancourt, Evry, Massy et aux Ulis. Georges Plassat est, lui, en train de passer en revue les effectifs dans les services achats. Il est revenu à ses oreilles que, en 2012, Carrefour a moins bien négocié ses tarifs avec ses fournisseurs que Leclerc. Et il juge ses équipes pléthoriques. Or, en 2014, le groupe doit s'installer dans de nouveaux locaux à Massy, en région parisienne. Théoriquement, le dit Campus Carrefour doit accueillir 4.200 salariés.


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